La crise de Suez, le pacte secret

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Sujets secondaires abordés dans ce documentaire

La crise de Suez

Dans ce documentaire, diffusé par France 5, Peter Hercombe revient sur la crise de Suez, fin 1956 début 1957 qui a bouleversé la scène politique mondiale. La mise en place d’une coalition secrète des français, britanniques et israéliens voulant renverser le gouvernement égyptien en place de Nasser.

 

 

À propos …

 

Retour sur la crise de Suez :

Le Canal de Suez est situé au nord de l’Egypte, il fût mis en service le 17 Novembre 1869, après dix années de travaux.

Il permettait aux bateaux de commerce de raccourcir leurs trajets et de ne plus avoir à contourner la pointe sud de l’Afrique, pour se rendre en Asie ou en Europe. Le canal avait une visée internationale, bien que construit et principalement financé par l’Egypte.

Le canal est « libre et ouvert, en temps de guerre comme en temps de paix, à tout navire de commerce ou de guerre, sans distinction de pavillon ».

29 octobre 1888, la convention de Constantinople

Tous les bateaux de tous les pays sont autorisés à l’emprunter.

A la fin de la construction du Canal de Suez, l’Egypte et la France en sont les deux principaux actionnaires. Toutefois, en 1875, l’endettement de l’Egypte contraint le gouvernement à vendre ses parts.

L’ Angleterre qui avait tenté d’empêcher la construction du canal de peur de perdre son monopole sur la route des Indes, au profit de la France, en sera l’heureux acquéreur. Dès l’acquisition du Canal de Suez, les troupes militaires Anglaises débarquent en Egypte et s’installent aux abords du canal afin d’y établir son contrôle.

Le 23 Juin 1956, lorsque Gamal Abdel Nasser arrive au pouvoir en Egypte, cette dernière est asphyxiée par une économie en chute libre, une agriculture décroissante et des populations s’appauvrissant chaque jour. L’Egypte est en déroute, Nasser se donne pour mission de redresser l’économie et de faire entrer son pays dans la modernité.

Extrêmement populaire en Egypte et dans le monde arabe, Nasser affiche publiquement ses opinions anti colonialiste, socialiste, nationaliste en lutte contre l’impérialisme étranger. Particulièrement contre l’Angleterre, dont l’armée est toujours présente en Egypte, alors que le protectorat Anglais est censé être terminé depuis 1936.

Afin de permettre à son pays de se relever, Nasser décide de la construction du barrage d’Assouan. Ce barrage permettrait de contrôler les eaux du Nil, favoriser l’agriculture, de remonter l’économie mais aussi d’apporter l’électricité à plus de 20 000 villages. Le barrage d’Assouan représente la porte d’entrée de l’Egypte vers le progrès.

Nasser, afin de lever des fonds, avait demandé un prêt à la banque fédérale des Etats Unis. Après acceptation, cette dernière se rétracte apprenant que Nasser vient de reconnaitre publiquement le régime communiste Chinois. C’est l’époque de la Guerre Froide, les renseignements américain le soupçonnant également de liens trop étroits avec la Russie.

Le 26 Juillet 1956, afin de trouver un autre moyen de financer le barrage d’Assouan, Nasser déclare, sans en informer quiconque, la nationalisation du Canal de Suez.

« La pauvreté n’est pas une honte, mais c’est l’exploitation des peuples qui l’est. Nous reprendrons tous nos droits, car tous ces fonds sont les nôtres, et ce canal est la propriété de l’Égypte (…) J’assigne aujourd’hui l’accord du gouvernement sur l’établissement de la Compagnie du Canal. »

Gamal Abdel Nasser, discours à Alexandrie 26 Juillet 1956

 

La crise de Suez
Gamal Abdel Nasser, discours d’Alexandrie 26 Juillet 1956

 

Le canal, situé en Egypte, avait été construit principalement sur des fonds égyptien et par une main d’oeuvre égyptienne. Il avait donc été convenu que 90 ans après sa mise en service, le canal appartiendrait en totalité à l’Egypte. Hors, lorsque Nasser annonce cette nationalisation, il est en avance sur l’accord qui avait été passé.

A cause de ce coup de force, l’Angleterre et la France le compare à Hitler et Mussolini, afin de mettre l’opinion publique de leur côté, en « surfant » sur les peurs. Les deux états européens ont déjà en tête une riposte et tente de faire reconnaitre leur statut de victime face à un régime « totalitaire » et « dangereux pour le monde entier ».

Ce qui sera appelé la Crise de Suez, commence.

 

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Une opération secrète :

La France et L’Angleterre sont déterminées à faire flancher le pourvoir de Nasser, qui les empêche d’avoir un contrôle absolu sur l’Egypte mais également sur d’autres pays arabes. Pour la scène internationale et particulièrement pour le Moyen Orient, cette crise de Suez représentera le symbole de la rébellion arabe face aux empires coloniaux.

La France et L’Angleterre réaliseront une coalition secrète avec Israel, dont les rapports sont très tendus avec l’Egypte qui soutient militairement la Palestine.

Ils organiserons « le Protocole de Sevres », une mise place stratégique d’un débarquement militaire des trois armées afin de prendre contrôle de l’Egypte sur ses terres.

« L’État hébreu attaquera l’Égypte le 29 octobre 1956 dans la soirée et foncera vers le canal de Suez. Profitant de cette agression « surprise », Londres et Paris lanceront le lendemain un ultimatum aux deux belligérants pour qu’ils se retirent de la zone du canal. Si l’Égypte ne se plie pas aux injonctions, les troupes franco-britanniques entreront en action le 31 octobre. »

Protocole de Sèvre 1956

Le débarquement armée de cette coalition durera 1 semaine, jusqu’à l’ordonnance de l’ONU du retraits des troupes Anglaises, Française et Israelienne du sol Egyptien.

De cette Crise de Suez, naîtra un profond sentiment d’échec de la part de l’Angleterre et de la France. Elle sonnera la fin de l’impérialisme de ces deux nations tel qu’il était reconnu.

La force militaire de maintient et de la paix de l’Organisation des Nations Unis (ONU) réalisera sa première intervention armée en envoyant sur place ses soldats « Les Casques bleus » .

 

 

La Commune de 1871- France 5

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Sujets secondaires abordés dans ce documentaire

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Dans le cadre de son émission Lundi Histoire, France 5  propose un documentaire explicatif sur La Commune de Paris en 1871. Il s’appuie sur les archives du Musée d’Art et d’Histoire de Saint Denis, du Musée de l’Histoire Vivante de Montreuil, La Ville de Paris et les Fonds de l’association des amis de la Commune.

 

 

À propos …

 

D’une durée de 55mn, produit par Mémoire Vives production pour France 5, ce film à été réalisé par Medhi Lallaoui réalisateur et écrivain, avec l’appui des commentaires de Bernard Langlois ainsi que les voix off de Jacques Chably et Claudine Baschet. Il a été diffusé en 2004.

 

1871 :

La Commune de Paris est une période révolutionnaire née en partie de la défaite de la France et sa capitulation face à la Prusses. A cette époque la ville de Paris est assiégée, les français  ressentent comme une humiliation les clauses de l’armistice mise en place le 28 Janvier 1871 entre Jules Favre ministre des affaires etrangères et le chancelier allemand Otto Von Bismarck.

Du fait d’une dure famine pendant l’hiver 1870 et 1871, et d’une résistance accrue de la population face aux Prusses, la tension monte parmis les parisiens qui ne partagent pas l’idée d’une capitulation. Le gouvernement, installé à Versailles, et le peuple de Paris se font face formant deux clans fermement opposés.

Le 18 Mars le gouvernement se sentant menacé, décide de désarmer les Parisiens en récupérant les 227 canons situés à Montmartre et Belleville, ces canons ayant été payés par les parisiens eux même, ceux ci s’insurgent et réussissent à fraterniser avec les soldats venus les récupérer. Durant cette journée la population s’en prend aux représentants du gouvernement, les généraux Lecomte et Clément-Thomas seront fusillés rue des Rosiers. C’est le début de La commune qui durera un peu plus de 2 mois, 72 jours exactement, du 18 Mars 1871 au 28 Mai 1871.

Les populations les plus riches quittent Paris tandis que les ouvriers qui occupent le centre et les arrondissements de l’est parisiens, particulièrement le 10ème, 11ème, 20ème et 13ème se fédèrent. Le 26 mars à lieu l’élection des 92 membres du Conseil de la Commune, toutes les tendances républicaine et socialiste y sont représentées, parmi eux également des anarchistes, jacobins, radicaux, blanquistes et avant gardistes. Toutefois le peuple trouve que la Commune des élus est un peu « molasse » et décide de s’organiser en clubs. L’un des plus connu sera le Club des Prolétaires, environ 2000 à 3000 personnes dont beaucoup de femmes, qui même si elles n’ont pas accès au vote, se font nommées à des postes à responsabilités. Les plus influentes Elisabeth Dmitriev, membre du Comité Exécutif de l’Union des femmes ( l’un des premiers mouvements féministes) et Louise Michel, enseignante, figure révolutionnaire et anarchiste qui sera déportée en Nouvelle Caledonie en Mai 1871. Les femmes auront tout autant un rôle majeur dans l’histoire de la Commune, jusqu’au bout elles combattrons armes à la main dans les bataillons des fédérés.

 

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Toutefois ces clubs créeront une division entre le peuple et le conseil de la Commune car beaucoup d’élus n’y prendront pas part. Nombres de journaux seront crées à cette période, on en compte plus de soixante dix,  dont les plus connus Le Cri du peuple de Jules Vallès et Le Mot d’ordre d’Henri Rochefort. Le peintre Gustave Courbet rejoint la rébellion et est élu à la Fédération des Artistes. Le 29 Mars le drapeaux rouge de La Commune est adopté, le calendrier républicain réaproprié, la colonne de la place Vendôme détruite ainsi que l’hôtel particulier d’Adolphe Thiers, chef du pouvoir exécutif exilé à Versailles.

La commune reconnait également La République Universelle, et proclame l’admission des étrangers pour ceux qui servent la France. Au sujet de Léo Frankel personnalité importante de la Commune, militant syndicaliste et socialiste d’origine hongroise :

 «  Considérant que le drapeau de la Commune est celui de la République universelle, que toutes cités a le droit de donner le titre de citoyen aux étrangers qui la servent, que cet usage existe chez les nations voisines, que le titre de membre de la Commune étant une marque de confiance plus grande encore que le titre de citoyen, comporte implicitement cette dernière qualité: la Commission est d’avis que les étrangers peuvent être admis et propose l’admission du citoyen Frankel »

Le 2 Avril La Commune déclare la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’école pour tous ainsi que la création d’un enseignement laïque et d’orphelinats laïque.

Toutefois, à Versailles, le gouvernement décide le 21 mai d’en finir avec cette résistance, c’est le début de ce qui sera appelé « La Semaine Sanglante ». Les troupes du Général Mac Mahon pénètrent dans Paris afin d’éliminer Les Communards, aucun prisonnier ne sera fait, tous seront exécutés sur le champs. On compte environ 900 barricades de fédérés dans Paris, tenues par des hommes, des femmes et des enfants. « La Semaine Sanglante » durera jusqu’au 28 Mai, l’Armée constituée par le gouvernement Français détruira la dernière barricade située aux environ de la rue du Faubourg Saint Denis et de la rue de la Fontaine aux Rois (où se trouve aujourd’hui une plaque commémorative) dans le 11ème arrondissement. ( Metro République ou Goncourt pour les amis curieux parisiens !) On estime l’armée de Mac Mahon à environ 130 000 hommes et celle des Communards entre 20 000 et 30 000. Cette semaine de combats particulièrement sanglante laissera beaucoup de morts environ 30 000. A peu près 6000 communards trouvèrent refuge en Angleterre, en Belgique et en Suisse.Paris mettra pratiquement vingt ans pour retrouver une main d’oeuvre qualifiée et le savoir de tous les artisans disparu à cette période.

Le Documentaire de Medhi Lallaoui pour France 5 nous offre en moins d’une heure un résumé très complet sur La Commune de 1971 qui restera une référence internationale du mouvement des ouvriers et de la fédération des classes sociales.

A la fin du documentaire deux livres nous conseillés afin d’approfondir le sujet : « Le regard d’un Parisien sur La Commune » de Jean Baronnet edité chez Gallimard et « La Commune Histoire et Souvenirs » de Louise Michel edité chez La découverte Poche.